Communauté de l'Etat postindustriel et ses ennemis

Les idéologies politiques actuelles sont les variantes de l’unique idéologie du parasitisme, dont le principal ennemi est la société civile et son État ... Les termes politologiques «démocratie» et «république» ont leurs correspondants purement ukrainiens, datant de l'Age d'or de Trypillia.

Les questions de l'organisation politique de la société se trouvent sous un brouillard dense de non-dits, de distorsions et de mensonges grossiers. Et tout cela, parce que la plupart des États actuels ont un caractère parasitaire, et que le parasitisme est incompatible avec la lumière. La lutte actuelle entre les idéologies politiques, c'est avant tout une lutte de structures parasitaires pour « l'accès au corps ».

La nation est une ethnie dotée de son propre État

L'État est l’organisation de la société qui couvre tous les aspects de sa vie. Grâce à l'État, une ethnie amorphe devient une nation structurée. La nation est une ethnie organisée en État.

Si l'on considère le peuple comme un «grand homme» (Platon), grâce à son État, le peuple commence à prendre conscience de lui-même, à vivre de sa raison selon ses propres règles. En politologie cette capacité de vivre en accord avec sa propre volonté et selon ses propres règles s’appelle souveraineté. L’État souverain est comme l’homme libre, le maître absolu dans sa propre demeure.

En termes de sociologie, l'homme capable d'une pensée indépendante, s'appelle Homo duplex , et celui qui en est incapable - Homo simplex.

Si l’on poursuit l'analogie, l'ethnie, c'est l’Homo simplex (grand homme simple), et la nation - l’Homo duplex (grand homme double). Grâce à son organisation propre de l’État, l'ethnie dépendante devient une nation souveraine.

République ou dictature : pas d’autres options

N’existent que deux formes de gouvernement étatique: soit la république, soit la dictature, sans autres options.

La différence est que sous la république, les organes gouvernementaux se forment «d'en bas» (de l'intérieur, plus précisément à partir du peuple lui-même), tandis que sous la dictature, ils sont imposés « d'en haut » (de l'extérieur).

L'histoire montre que la république tend à dégénérer en dictature, puis en tyrannie, c’est-à-dire en violence non dissimulée. La dégénérescence se produit quand le peuple propose au pouvoir des scélérats.

Peut-on éviter cet état des choses ?

Le mécanisme de la sélection des personnes dignes fonctionne seulement dans les dèmos - collectivités comptant jusqu'à 150 membres se connaissant personnellement.

Le pouvoir du dèmos s'appelle la démocratie - ou plutôt l’ «éco-démocratie» (conception développée plus loin –ndt) pour éviter toute confusion avec la pseudo-démocratie.

Afin que la république ne dégénère pas en dictature, cette république doit être démocratique.

L’un des indicateurs distinctifs entre république et dictature est l'attitude de l'État envers l'armement de la population. Ainsi, les États-Unis et la Suisse conservent encore les caractéristiques de la république, tandis que l'Ukraine et la Russie sont des dictatures.

Deux voies vers la dictature : étatisme et libertarianisme

Étatisme (du français - État) - mouvement de la pensée politique justifiant la nécessité de la domination de l'appareil de l'État dans la vie économique, politique et culturelle de la société. Le socialisme d'État et le capitalisme d'État s'appuient sur les positions de l'étatisme.

L'ÉTATISME repose sur la vision selon laquelle l'homme est une créature faible, dépendante, irrationnelle, facile à séduire et à confondre. Par conséquent, l'individu et la société tout entière sont réduits, par leur situation, à transmettre la gestion aux fonctionnaires, hommes politiques et experts spécialement formés. Aux moyens d’arguments solides, les étatistes affirment: l'intégrité, la justice sociale, la défense, la capacité de planification et de mise en œuvre de grands projets stratégiques sont soutenus dans le pays grâce au paternalisme étatique.

Les étatistes ne reconnaissent pas la société civile comme auto-organisatrice systémique du peuple, c’est  pourquoi ils empêchent sa formation.

La mise en œuvre de l'étatisme conduit inévitablement au gonflement de l'appareil d'État, aux impôts élevés, à la corruption et à la séparation des intérêts de l'élite dirigeante et du peuple, finalement à la dictature dissimulée ou brutale.

A l’opposé, le LIBERTARIANISME (libéralisme, anarchisme) est le mouvement de la pensée politique qui promeut l'idée de la liberté individuelle et la réduction de l'appareil d'État. L’État devrait s'occuper uniquement de la protection de trois droits fondamentaux: la vie, la propriété et la liberté. La plupart des libertariens défendent le droit de l’homme de tout faire avec soi-même et avec sa propriété, tant que cela ne gêne pas les autres à réaliser le même droit.

Le libertarianisme repose sur la vision que chaque adulte est capable d'une pensée indépendante et rationnelle, et donc il sait mieux ce dont il a besoin. Par conséquent, les libertariens se prononcent non seulement pour la réduction des impôts, mais également pour la vente libre des narcotiques, pour la légalisation de la prostitution et de l'homosexualité.

Les libertariens sont partisans de l'auto-organisation spontanée au niveau de projets locaux et situationnels, puisque que tout homme, selon eux, a par nature la capacité et le sens de l’initiative pour trouver les meilleures formes d'association. D’ordinaire, les libertariens appuient leur théorie sur les exemples réussis de la vie des entrepreneurs, des inventeurs et des scientifiques.

Comme les libertariens ont une attitude négative envers l'État, ils dénoncent, aussi, toute auto-organisation systémique. Ils voient dans la tentative de fonder un État, qui plus est national, des aspects de «fascisme» et de menace pour les droits de l’homme.

La réalisation du libertarianisme mène inévitablement au «capitalisme sauvage», à l'atomisation et à la désorganisation de la société, à la dégénérescence et à la dictature. La dictature libertarienne se réalise surtout au moyen de méthodes économiques et de manipulations informationnelles (voir en ukrainien : Ліберальний тоталітаризм).

Un État propre faible rend le peuple vulnérable à l’agression non seulement de la part d’un État étranger, mais aussi de celle des parasites de l’intérieur - en particulier : trafiquants de drogue, bandits et fraudeurs. C’est pourquoi l'affaiblissement de l'État, que défendent les libertariens, est une menace encore plus grande que l'affaiblissement de la société civile pour lequel se prononcent les étatistes.

Une rhétorique opposée, un ennemi commun

Les étatistes se prononcent pour la domination de l’individuel par le collectif, tandis que les libertariens – pour la domination du collectif par l’individuel.

Les approches sont diamétralement opposées, mais les conséquences sont les mêmes :  

  • lutte contre la formation de la société civile et de son État (la république, c’est-à-dire la «chose publique»),
  • exploitation du peuple désorganisé
  • et de la nature sans défense.

Seulement dans le premier cas, nous avons la prédominance de la bureaucratie étatique, et dans l’autre – celle de l'oligarchie et du gros business.

La bureaucratie augmente les impôts, car plus les flux monétaires qu’elle manipule sont importants, plus ils lui «collent aux mains».

L’oligarchie cherche à faire basculer les flux de la trésorerie vers soi et à créer une situation dans laquelle tout s’achète et tout se vend.

Ces deux systèmes concurrents – étatisme et libertarianisme - se promeuvent et critiquent l'opposant de façon argumentée, mais ils sont unis par cet intérêt commun : garder le peuple dans un état de "corps sans tête», bien que leur rhétorique soit différente: les étatistes affirment  que ce sont eux, cette « tête», et les libertariens - que la "tête" est tout à fait inutile.

Ainsi donc, l’ennemi véritable des étatistes et des libertariens est la société civile et son État : la république.

Tout simplement, ils attaquent l'idée de l'État populaire de deux flancs, utilisant la manipulation bien connue « choisir le moindre mal » : soit la tyrannie bureaucratique, soit le développement du « capitalisme sauvage ».

Cependant, en dehors du choix entre « corps sans tête» et «tête sans corps », il existe une troisième option : le «corps avec tête ».

Comme nous le savons déjà, la dictature est imposée soit par la conquête extérieure, soit par l’usurpation intérieure du pouvoir.

Donc, l'étatisme est l’idéologie de la conquête extérieure et le libertarianisme – celle de l’usurpation intérieure.

La conclusion logique de la guerre des deux idéologies parasitiques contre la société civile est leur combinaison organisationnelle sous la forme d’une dictature oligarchique, où la bureaucratie d’État est subordonnée à l’oligarchie, et sert ses intérêts.

Une telle fusion confirme une fois encore que l'étatisme et le libertarianisme sont deux types et deux pôles d’une idéologie parasitique unique.

Entre ces deux pôles se trouvent toutes les autres idéologies connues de la formation industrielle: communisme, socialisme, libéralisme, anarchisme et les autres variantes sur le même thème parasitique.

État postindustriel : tout sera différent

Conformément au principe des contraires qui fonctionne clairement avec le passage vers une nouvelle formation, dans la société post-industrielle, tout sera différent.

Dans la société industrielle dominent deux idéologies contraires, mais tout aussi anti-démocratiques : l'étatisme et le libertarianisme.

Cela signifie que dans la nouvelle formation dominera l'idée de la république démocratique – l’État des dèmos, c’est-à-dire, de communautés liées spirituellement où tout le monde se connaît.

Selon cette approche, l'organisation de la société doit respecter les lois naturelles, et le peuple organisé en État est considéré comme un écosystème équilibré. Par conséquent, pour l'idéologie politique de la République démocratique convient le terme politologique d’éco-démocratie.

Selon le chercheur des processus civilisationnels, le professeur Andrew Targowski, «L’éco-démocratie signifie que l'équilibre du pouvoir doit être maintenu par des élections libres et la presse libre,

mais les politiciens et les médias n’ont pas le droit d'agir contre l'écosystème.

Actuellement, ils le font au moyen du lobbying dissimulé d’hommes politiques et de médias » (Cognitive Informatics and Wisdom Development, Hershey, PA. & New York, Information Science Reference, 2011).

L’idéologie de l’éco-démocratie découle de la vision contemporaine de la nature de la société humaine, selon laquelle:

1. L'homme est vecteur de volonté. La volonté, c'est la capacité d’une créativité responsable.

2. Chez chaque personne la volonté se manifeste de façon différente. Selon le niveau de la conscience, la sociologie distingue l’Homo duplex et l’Homo simplex (voir ci-dessus).

3. Dans la société, la part de l’Homo duplex ne dépasse en général pas 5% : ce sont eux qui sont capables de fixer les buts appropriés et de les atteindre. Les 95% restants, les Homo simplex, sont enclins à soutenir les initiatives des autres et de s’allier à la majorité. La proportion des 5/95 correspond à la proportion tête – corps. Une telle répartition est une adaptation évolutive qui aide les sociétés à soutenir la consolidation et d'être plus compétitives dans la compétition évolutive.

4. L’homme peut évoluer seulement au sein d'un groupe plus ou moins nombreux. Les unités évolutives naturelles sont des dèmos (communautés naturelles) - groupes comptant jusqu'à 150 personnes, où tout le monde se connaît. Cela permet aux membres des dèmos de s’évaluer mutuellement de manière appropriée, d'identifier des Homo duplex réels ou potentiels, de les promouvoir vers les organes directeurs, de les soutenir et les contrôler.

5. Le dèmos postindustriel сотня», «écovillage») peut se former sur un territoire commun («communauté»), en tant que business commun («projet»), ou selon une passion commune хоп»-«hobby»).

6. Les responsables des dèmos peuvent s’unir en dèmos de niveau supérieur - régiments et « kochi » (collectivités consistant en au moins quatre régiments - ndt).

L’union des dèmos composée de « коші » kochi »)  signifie la naissance d'une république démocratique - «chose commune» des dèmos, de l'État de la société civile, en un mot : éco-État (État écologique - ndt) – «екодержава».

La société post-industrielle constitue ainsi un État de la société civile (éco-État, république démocratique) basé sur l’idéologie de l’éco-démocratie, niant la dictature avec toutes ses idéologies parasitiques – de l’étatisme au libertarianisme.

Vers le nouvel Âge d’or

Conformément au principe de l’objection de l’objecté, les États de l'ère post-industrielle reproduiront, à un niveau évolutif plus élevé, les caractéristiques des États de l’ère préindustrielle de la civilisation de Trypilla.

Les premiers États du monde post-dilluvien (depuis le milieu du VIème millénaire avant J.C.) se formaient en associations volontaires d’agrocités qui, à leur tour, étaient composées de dèmos - communautés rurales.

Le mécanisme d’un tel pouvoir des dèmos, à savoir la démocratie traditionnelle, s’appelle « droit kopnè » («kupnè» - «commun»), et la forme d’un tel régime étatique – « sokupiya » (« rassemblement »).

Autrement dit, les termes «démocratie» et «république» ont leurs correspondants purement ukrainiens : « droit kopnè »копне право ») et « sokupiya » («сокупія» - sokufiya, skouphos, Scythie - assemblée).

Ainsi, la république démocratique post-industrielle est une reproduction, à un niveau supérieur, de la « sokupiya » préindustrielle de l'Age d'or avec son « droit kopnè ».

Ukraine – le maillon le plus faible de l’industrialisme

L'étatisme pratique actuel a été importé en Ukraine en 1919 sur les baïonnettes de l'Armée Rouge de la RSFSR (République soviétique fédérative socialiste de Russie - ndt).

L’État actuel, de-jure et de–facto, est le successeur fantoche de la RSSU (République socialiste soviétique d'Ukraine - ndt), créée par la Russie après que cette dernière ait conquis l’Ukraine. C’est le cas où la dictature est instaurée par un envahisseur extérieur.

Après l'effondrement de l'URSS, au début des années 1990, l'Ukraine a subi une vague de «capitalisme sauvage» qui conduisit à la formation de l’ « oligarcat » - dictature instaurée par l’usurpation intérieure.

Ces deux systèmes anti-populaires se sont unis organisationnellement en dictature oligarchique actuelle, dans laquelle l'appareil d'État est au service des intérêts de l’oligarcat local.

À la suite d’une telle fusion, l'Ukraine, ayant la plus grande concentration au monde de potentiels naturel et humain, est descendue au dernier rang d’Europe pour le niveau de vie, et s’est hissé aux premiers rangs mondiaux pour le niveau de corruption.

Cela signifie qu’en Ukraine sont apparues les contradictions les plus aiguës entre l'ancienne et la nouvelle formation. Ainsi, ce pays se trouve dans les meilleures conditions pour une transition rapide vers l’État post-industriel.

(Traduction de l’ukrainien : Svitlana Vakoulenko)

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Гравець: 
Світлана Вакуленко

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