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Société post-industrielle ou Quel Etat nous construisons

D’ordinaire, le terme « post-industriel » se perçoit comme quelque chose de flou et équivoque, associé à un avenir lointain. En réalité, il s’agit d’un ensemble assez précis de paramètres de la nouvelle formation qui suivra NATURELLEMENT l’actuelle, « industrielle ». D’autant que nous observons déjà dans notre quotidien TOUS les germes de la nouvelle structure.  

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Rendez-vous au nouveau Trypillia, post-industriel !
Rendez-vous au nouveau Trypillia, post-industriel !

Instruments pour connaître l’avenir imminent

Pour étudier le « post-industriel » (de l’angl. post-industrial), nous utiliserons un instrument intellectuel simple, mais efficace, composé de trois principes :

1) opposition, 2) « objection de l’objecté », 3) intégrité.

 a) Principe de l’opposition : «Dans l’avenir, tout sera inversé » 

Chaque nouvelle formation socio-économique est une contestation dialectique de la précédente.

Cela signifie que certaines qualités fondamentalement importantes de la civilisation changent du tout au tout. Comprenant ce principe du renversement, l’on peut faire des hypothèses rationnelles quant à l’avenir.

L’effet de ce principe est renforcé par le fait que le vieux système, dans ses principales manifestations, aboutit à l’absurde et renverse toute chose tȇte en bas (quintescence de l’industriel dans un extrait du film « Samsara », 2011).  

C’est pourquoi, pour résoudre les problèmes créés par le vieux système lui-mȇme, il suffit généralement de faire tout le contraire : remettre chaque chose d’aplomb.

 b) Principe de l’«objection de l’objecté »: « Le nouveau, c’est l’ancien tombé dans l’oubli » 

La formation industrielle actuelle est l’objection dialectique de la précédente, préindustrielle. Puisque le post-industrialisme est l’objection de l’industrialisme, il est logique de supposer qu’il aura des caractéristiques du pré-industrialisme, mais à un niveau de développement supérieur.

Si tu veux voir ce qu’il y aura « demain », regarde ce qu’il y avait « avant-hier ».

 c) Principe de l’intégrité : «Les semblables s’attirent » 

Une formation socio-économique est un système entier dont les composants sont combinés les uns aux autres de manière compacte. Par exemple, une production uniformisée massive nécessite un enseignement uniformisé massif, ainsi que la vente uniformisée massive de la production.

La compréhension de l’intégrité est un élément supplémentaire concourant à la connaissance de l’avenir.

d) Développement en spirale

Grâce aux principes de l’ «opposition », de l’ «objection de l’objecté » et de l’«intégrité», chaque nouveau « cycle N+1 » est l’objection du « cycle N », et une répétition partielle du «cycle N-1».

Nous pouvons donc imaginer, de manière objective et argumentée, la « spirale historique ».

Les principes énoncés sont un instrument puissant pour reconstruire le passé et connaître l’avenir.

Utilisons-les pour saisir les paramètres-clés de la formation postindustrielle. Cela nous aidera à agir de manière lucide, ciblée et concentrée. Nous devons pleinement utiliser les lois de l’évolution pour créer une civilisation d’un niveau plus élevé.   

Commençons alors par décrire les bases du post-industrialisme, qu’il est judicieux d’inclure d’emblée dans le projet Etat Libre Ukrainien. Nous réalisons notre recherche selon le schéma :

1) «ce qu’il y avait », 2) « ce qu’il y a », 3) « ce qu’il y aura ».  

« Ce qu’il y avait » - c’est l’état préindustriel, dont nous trouvons les expressions éloquentes dès le commencement de la Civilisation Trypillienne (Trypillia : la riche civilisation trypillienne apparut vers 5000 ans avant Jésus-Christ aux environs de l’actuelle capitale ukrainienne Kyīw). 

« Ce qu’il y a » - ce sont les manifestations actuelles de la formation industrielle.

« Ce qu’il y aura » - c’est ce qui germe déjà, se développe rapidement, et, le temps d’une génération, se construira en un système entier.  

1. « L’agriculture néo-naturelle » : autosuffisance économique au niveau des fermes individuelles et collectives

A l'époque préindustrielle, l’homme pouvait, par ses propres moyens, construire et chauffer sa maison, nourrir sa famille et traiter le lin, fabriquer du tissu et coudre des vêtements, donner naissance et éduquer les enfants, élever des bȇtes de labeur et monter le cheval pour parcourir la terre, fabriquer des bateaux pour voyager sur l'eau. C’était un «maître-propriétaire » responsable de son sort. Ses principaux matériaux étaient l'argile pour la construction, et le silicium pour fabriquer couteaux et faucilles.

A l'époque industrielle, l’homme perdit son universalisme et devint un élément du « grand convoyeur ». Autrement dit, sa spécialisation actuelle se réduit, toute la vie, à serrer continuellement une vis à un endroit strictement défini. La femme ne peut même plus accoucher de manière indépendante – elle doit aller en maternité. Principaux matériaux : fer et béton.

Comme nous le voyons, l’ «industriel» a totalement objecté la formation précédente (le « préindustriel » – ndt). Le « postindustriel » en fait de même (avec l’ « industriel » - ndt) : il objecte le « grand convoyeur » et retourne à l'homme l'autosuffisance économique. Cependant, ce n’est pas un retour vers l'agriculture naturelle du passé. Il s’agit d’une agriculture hautement technologique néo-naturelle du postindustriel. Voici quelques-unes de ses composantes:

1. Faible puissance : centrales énergétiques autonomes utilisant énergie solaire, vent, fusion nucléaire à basse température, déchets ménagers et autres.

2. Production industrielle domestique : au moyen des imprimantes 3D, assemblage de produits finis à l’aide de pièces préfabriquées, tels les véhicules électriques à bas coût. On peut télécharger de l’Internet l’information nécessaire pour ce qui est de la production, et commander les pièces dans les boutiques en ligne de la planète entière et se les faire livrer à domicile.

3. Production alimentaire domestique : la nourriture peut être cultivée sur de petites parcelles de terre, sur les toits des immeubles, et même dans son appartement.

4. Retour aux constructions de maisons simples à partir de matériaux accessibles : argile, sable, paille, etc. Cela rappelle à nouveau Trypillia, sauf que le silicium s’utilise désormais non plus pour fabriquer des couteaux et faucilles, mais des processeurs.

Comme nous le voyons, les deux premiers principes - d’ « opposition » et de l’ « objection de l’objecté » -, fonctionnent clairement.

Le premier était l'autosuffisance économique individuelle, son objection - le «grand convoyeur » de l’industriel, et, à sa place, vient l’autosuffisance hautement technologique du postindustriel.

Les formations socio-économiques se succèdent comme le jour et la nuit, mais chaque fois nous avons un autre «jour» et une autre «nuit». Cette alternance est un processus naturel, conforme aux lois. Cela signifie que l'arrivée de la nouvelle formation se produit indépendamment de la volonté humaine. L'homme ne peut anuler l’avènement d'un nouveau jour, mais il peut influer sur son déroulement.

Passons maintenant à la vérification du troisième principe - l'intégrité.

Afin d'organiser chez soi l'agriculture néo-naturelle, l’homme doit maitriser un certain universalisme, avoir une vision du monde large et la pensée créatrice. Pour former un tel universalisme, l’homme a besoin d'une éducation sensiblement différente. Ainsi donc, mode de production et éducation sont indissociables.

2. L’éducation ludique permanente individualisée et universelle, étroitement liée à l'activité pratique

A l'époque préindustrielle, l’homme apprenait avant tout dans sa famille, et s’il le souhaitait et en avait les capacités, se cherchait un maître. Les écoles étaient des ateliers créatifs où le processus de formation était associé à l’activité pratique. Par exemple, dans les écoles philosophiques ou artistiques, le maître et ses élèves étaient comme une famille et mangeaient à la mȇme table. La formation était personnalisée - adaptée aux capacités et aux talents de l’étudiant. L’emploi et la formation avaient un caractère ludique : des assistances mutuelles rurales aux carnavals corporatifs.

L’industrialisme a complètement objecté cette forme d'éducation. Comme les parents travaillent du matin au soir hors de la famille, les enfants sont inscrits dans les écoles maternelles et les écoles. L'éducation est obligatoire et se déroule selon des programmes uniformisés. L'école a perdu son caractère ludique et s’est transformée en une institution de travail forcé nocif pour la santé psychique et physique.

La tâche de l’école est de créer une personne normalisée, spécialisée dans l'exécution d'opérations simples, nécessaires au « grand convoyeur ». La réussite de la procédure de normalisation est certifiée par un document conforme (« diplôme ») qui donne accès au « convoyeur ». Tout ce qui va au-delà des normes définies est considéré comme nuisible. La propension à la créativité se perçoit avec suspicion, comme un danger potentiel pour l'Etat et la société.

Le postindustriel objecte l’«école-prison» et ouvre l’espace à une éducation totale. Les cours à distance en ligne gratuits deviennent de plus en plus populaires dans les principales écoles du monde (pour celui qui souhaite apprendre), la mode de l’enseignement ludique des affaires et de l'administration publique se développe. Les diplômes perdent leur sens, tandis que la valeur de l'employé est déterminé par sa capacité d'être créatif et l'histoire de ses réussites.

Comme nous le voyons, il y a un lien direct entre la méthode de production et l'éducation: l'économie néo-naturelle exige une approche fondamentalement nouvelle. Dès aujourd'hui, l’homme peut prendre presque toutes les données sur la toile ou rechercher les experts dont il a besoin, c’est pourquoi il n'y a pas de sens à conserver tant d’informations dans sa tȇte. En revanche, sont hautement indispensables les qualités telles que la pensée holistique, la faculté de déceler les relations, les compétences pour la recherche de l'information pertinente et son application créative.

Il en résulte que les principales disciplines de l’enseignement post-industriel seront la philosophie, la logique, l'histoire, les lois et les effets fondamentaux de la physique, de la chimie, de la biologie, de la psychologie, de la sociologie, de l’écologie et de la gestion. L'école doit former la pensée rationnelle et la capacité intuitive de distinguer la vérité du mensonge. La manière avancée de l’enseignement ludique est de présenter les connaissances fondamentales sous forme d'œuvres d'art captivantes.

Puisque les trois principes fonctionnent bien avec l'exemple du mode de production et de l'éducation, nous pouvons hardiment passer au sujet de l'organisation sociale de la société postindustrielle.

3. Réseau de demos hiérarchique, dynamique, libre - Etat-communauté spirituelle économique globale

Le sens de la formation préindustrielle est le plus clairement représenté par la civilisation Trypillia, un réseau ethnique de cités-États amicales et autosuffisantes. On les appelle aussi « agrocités », puisque chacune d'elles, abritant une population agricole libre, coopérait avec un centre administratif commun. L'unité sociale de base était le village (demos)communauté de personnes spirituellement apparentées et familières, au nombre de cent à trois cents (généralement moins de deux cents). Si la taille du village dépassait ce seuil critique, il se divisait en deux ou trois villages (« кути » - « coins ») avec, chacun, sa propre administration.

Les dirigeants électifs de 4-10 villages d’un territoire donné formaient unе « réunion » (« копа, купа » - « tas », « réunion ») et élisaient les dirigeants du deuxième échelon, ou « canton » («волость»). Le village central - lieu du rassemblement – s’appelait « petite ville » (« містечко »), et pouvait se transformer ensuite en ville («райцентер» - « centre régional ») avec son propre gouvernement. Les dirigeants des « cantons » interagissaient également, et élisaient les organes administratifs de l’échelon supérieur – celui du « district » (« повіт »).

Ainsi donc, la hiérarchie de l'Etat se construisait de bas en haut. Les élections se déroulaient dans un environnement de gens qui se connaissaient personnellement, qui étaient capables d'évaluer convenablement l’un l’autre, et d’en choisir les meilleurs.

Cette forme d'organisation de l'Etat s’appelait traditionnellement « сокупія » (« sokoupia », « skiphia », « skoupchtchyna » - « assemblée ») et les «règles de sa viabilité » se nommaient « копне право » (« kopnè pravo »). Les restes de ce « kopnè pravo » subsistèrent en Ukraine jusqu’au 17ème siècle. Après son déclin, la « sokoupia-skouphia-skiphia » connut une renaissance  dans l’Etat cosaque, avec sa structure d’assemblées centuriates et régimentaires qui s’appuyait sur l’électivité totale, de bas en haut.  

L’industriel a complètement cassé le système électif. La forme la plus répandue de l’administration publique est devenue la dictature ouverte ou cachée, c’est-à-dire un régime dont les organes du pouvoir se construisent de haut en bas. Le « kopnè pravo » fut détruit avec les « demos » - petites communautés autonomes. Les « demos » structurés ont été évincés par des foules amorphes. Puis l’administration publique s’est transformée en un contrôle des foules par la manipulation. La raison en est que les foules sont infiniment crédules, c’est pourquoi le mensonge effronté est objectivement le moyen le plus efficace pour contrôler les masses. Les promesses préélectorales sont toujours une concurrence pour les menteurs pathologiques.

Le postindustriel objecte cet état maladif, contre nature : à l’Etat-dictature succède l’Etat-communauté – la république (« res publica »), ou « sokoupia » à la manière trypiliienne. Le terme «démocratie» recouvre son sens premier – « le pouvoir des demos ».

Ayant détruit le mécanisme naturel de l’élection des meilleurs, les Etats industriels ont interrompu l'évolution humaine et l'ont remplacée par sa dégradation – l’élection des pires.

Le postindustriel ranime l'évolution, puisque les démos sont des unités évolutives. L'idée des démos multi- niveaux est centrale dans le projet État Libre Ukrainien – première république postindustrielle. Les technologies modernes de l'information permettent d’élargir l'idée des démos : aux démos territoriaux habituels, s’ajoutent les démos d’affaires (projets), et les démo d’intérêts « хопи » (communautés d’intérȇt).

Comme nous le voyons, il y a un lien direct entre le type de formation socio-économique et la forme du régime politique. La formation préindustrielle a commencé avec les démos évolutifs, l’industriel les a détruits et calomniés, et le postindustriel les ranime, mais à un échelon supérieur.

Projet de Conclusion

La transition vers une structure post-industrielle est une nécessité historique. L'Etat qui fera cette transition naturelle sera invincible : on ne peut rien contre la nature.

(traduction de l'ukrainien : Zirka Witochynska)

Lire aussi :  Civilisation post-industrielle : Etats-Unis d’Amérique et État Libre Ukrainien invitent au start-up « Mijmoria » (L’ « Entre-Mers »)

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